Jean-Loup Trassard, vous avez publié en 2012 L’Homme des haies chez Gallimard...
Contrairement à
La Déménagerie (Gallimard, 2004), ce livre n’est pas construit comme un roman. Ce sont les mémoires d’un paysan vers la fin de sa vie. Mais j’ai tout inventé, le bonhomme, sa famille, surtout sa parole ! Mon souhait était de faire accepter comme littérature la façon de parler des paysans telle que je l'ai entendue jusqu’à ces dernières années, donc de transcrire l’oral en écrit. Ayant imaginé mon personnage, je l’ai intérieurement écouté pour chaque travail agricole ou chaque épisode de sa vie sur lesquels je souhaitais qu’il s’explique, qu’il raconte. Mémoire ou réflexion, Vincent Loiseau tourne les pages selon sa fantaisie puisqu’il n’y a pas de questions, mais le lecteur comprend qu’il parle pour l’oreille attentive de quelqu’un. Aussi
L’Homme des haies est-il plus un ouvrage sur la langue que sur l’agriculture, quoique l’ensemble tisse un tableau complet de la vie dans une ferme de Mayenne pendant la seconde moitié du XXe siècle.