amitie_des_abeillesL’AMITIE DES ABEILLES

nouvelles (avec deux photographies de l’auteur)
Le temps qu’il fait, 1987 et 2007.
96 pages, 120 x 190 mm.

 

 

 


amitie_des_abeilles_Gallimard

L’AMITIE DES ABEILLES

nouvelles.
Gallimard, coll. Jeune Prose, 1961.
96 pages, 100 x 180 mm.
Epuisé

 

 

 

 


Ces récits font entendre le murmure d’hommes solitaires, enfermés en eux-mêmes par l’indifférence d’autres solitudes. Blessés de n’avoir pas obtenu l’accord que leur idéal espérait, ils n’échappent au désespoir qu’en laissant se déployer leurs fantasmes. A sa façon, sourde ou véhémente, chacun clame son besoin d’amour, cherchant, pour rompre le silence des sentiments, au moins la reconnaissance d’un monde différent – celui des abeilles pour Juvigné, des chevaux de labour pour Buttavent – avec envie de s’y dissoudre pour tuer la douleur.
Par innocence et sincérité se dévoilent les aspirations morales de l’auteur vers 1960 et surtout, dès ce premier livre, surgissent les thèmes qu’il ne quittera plus – passions et obsessions – pour les faire croître et ramifier dans ses livres suivants, de L’érosion intérieure (Gallimard, 1965) à Conversation avec le taupier (Le temps qu’il fait, 2007).

JLT


Sommaire :

  • L’amitié des abeilles
  • Le soleil est mon vainqueur
  • Les cheveux d’herbe
  • Saint Buttavent
  • Le lait de taupes
  • Le ver des souches
  • Le piège à lumière



Aperçu :

Sur ses épaules, Buttavent porte le collier de bois, de cuir et de crin, le collier peint en bleu. Il le lance sur le cou des chevaux, il peigne les crins entre ses doigts. Quatre masses de mystère, des chaînes, des cordes, une attelée : le grognement de la terre où s’enfonce la charrue.
Entre les arbres, entre les morts et les ruisseaux, le fer découpe la boue, car déjà on a enlevé les pierres. Les seize pas de l’attelée sous le pluie fine. S’il avait labouré le ciel en ligne droite, s’il était parti une fois seulement, Buttavent serait loin. Ais l’attelage tourne sur lui-même, se replie, longe les haies, reviendra vers la cour.

Extrait de Saint Buttavent




Critique :

  • Gérard Bodinier, «Les mots qui rongent le temps», Le Provençal, 26 janvier 1986.
  • Jean Clay (dit Carta), Témoignage chrétien, 12 janvier 1962 :
    Dans les pages qu’il nous donne sur les paysages de la Mayenne, qu’arpentent ses personnages à la recherche de leur enfance, l’auteur est parvenu à nous rendre le foisonnement de cette nature grouillante, humide et la sympathie qui unit les gestes des paysans à chacun de leurs objets patinés d’une usure humaine. Dans cet univers de brume, silencieux comme les silhouettes dessinées de Seurat, des êtres aux yeux vides, éperdus de fraternité, passent, qu’agitent obscurément des appels et des cris sourds comme on entend sous l’harmonie d’une pièce de Brahms l’affleurement d’une douleur déchirée.
  • Nicole Zand, France-Observateur, 7 septembre 1961 :
    C’est un petit livre ténu, sans anecdotes, sans mots, sans histoire, sans autre personnage que de la terre, des racines, des bêtes, du soleil, le manche d’une bêche qu’on tient bien en main. On sent là tout le poids d’un monde présent auquel on peut s’accrocher, qu’on peut étreindre, qu’on peut prendre à bras le corps mais qui nous submerge.
  • Pierre de Lescure, Les Lettres Françaises, 8 juin 1961.


 

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