caloge

CALOGE

récits.
Le temps qu’il fait, 1991.
108 pages, 120 x 190 mm.

 

Photographie de couverture par l'auteur.

 

 

 

 

 

 

4e de couverture :

Les bulldozers cognent aux murs. Une petite ville se cramponne, craignant de glisser à la rivière qui traverse. Les marcheurs de plaine sont soulevés par la houle diurne et nocturne des céréales. Un homme plonge, se perd, entre les plis et pans des vêtements suspendus, femmes tout contre sa peau, à la recherche de celle qu’il voulait remonter au jour. La lumière qui décrit une chambre et le grand nez du narrateur, l’orage grondant la souffle, un cœur s’arrête, un autre bat : noir tambour caché sous l’étendue de toile que brode une jeune fille silencieuse. Qui travaille encore dans les prairies tandis que la lune est aiguisée ? Qui répond à l’étrave écumeuse heurtant au matin la pierre du port ?
Les personnages qui hantent ces brefs récits, immergés dans ce qui est leur monde, un instant font toucher à la main le poli ou le râpeux des choses, puis ils remettent aux songes du lecteur le soyeux fuyant de leur âme. Quant à l’aventure… elle peut aussi bien tomber, foudre lente, dans une épicerie de village !

JLT

Sommaire :

  • Etais
  • Aval
  • Caloge
  • Enfeu
  • Tambour
  • Eteinte
  • Croissant
  • Drakkar
  • Lance-pierre

Textes publiés de 1968 à 1987.

 

Aperçu :

Le jour vient juste d’éclaircir un ciel nuageux. La mer pâle dans le chenal remonte. De la dune qui est à droite un peu de sable arrive, jeté par le vent sur les pierres mouillées du quai. Deux trois bateaux attachés vides. Suivi par quelques ailes couleur de nuage, un bateau rentre de sa nuit, grossit, surgit, prend au large – il est bleu, d’un bleu lavé mêlé de vert – tourne et, bruit moteur lent résonne contre la pierre entre les clapotis de l’eau, se range le long du quai. Un jeune homme mince, sorte d’oisif un peu minable qui était là, attrape la corde que lui lance depuis le bord un barbu, fait un nœud à l’anneau et tend lui-même un lien que l’autre reçoit au crochet d’une gaffe. (Je me demande si ce malingre attend un bateau précis ou se donne semblant d’importance en étant toujours là pour tenir une corde). Ainsi assuré l’arrière, même soins pour l’avant. Un petit homme trapu, grosse tête écrasée, l’air soucieux, soixantaine, s’approche du jeune homme et interroge…

Extrait de Drakkar


Critique :

  • Claude Dourguin, Recueil n°19, été 1991 :
    J-L.Trassard nous délivre du commentaire comme de la psychologie : en ces textes le narrateur s’absente, il ne s’agit jamais que de montrer ce qu’il advient d’un être en tel endroit – de l’espace et de sa vie -, les influences qui s’exercent sur lui. On oublierait enfin un plaisir d’importance si l’on ne signalait une dernière révélation : la parfaite maîtrise du récit minuscule, où le sujet se réduit à presque rien, tout justesse et sobriété…
  • Claude Pujade-Renaud, Nouvelles Nouvelles n°24, été 1991.
  • Claude Venezia, Impressions du Sud. Le Livre dans le Midi n° 29, été 1991.
  • Gérard Bodinier, Le Provençal, 14 juillet 1991 :
    Des fils étrangers les uns aux autres nouent l’imprévisible en broderies éphémères comme des toiles d’araignées. Arborescence de l’écriture où se lit l’incessante transformation, la fuite toujours de ce qui a été.
  • Antoine de Gaudemar, Libération, 23 mai 1991.

 

 

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