archeologie_des_feuxARCHEOLOGIE DES FEUX

textes & photographies.
Le temps qu’il fait, 1993.
80 pages, 165 x 240 mm.

 

 

 

 

 

 

 

 

Supposons que les fermes de la Mayenne soient abandonnées et que l’on vienne à y chercher les traces d’une vie passée, que trouvera-t-on ? Des sabots usés, une échelle, la chaîne du chien prise dans la boue, de vieilles graines, des fers à chevaux… Accompagnés par quelques photographies des lieux, le texte fouille les greniers et les cendres pour imaginer la présence des volailles, la résonance des barriques, la taille des chevaux, la succession des semences, tout ce qui fut sensible, sonore, et n’existe plus que dans les mémoires incertaines.

JLT

 

Aperçu :

On ignore quand ils arrivèrent. On ne les a pas entendus. N’y avait personne pour entendre les premiers, ou quelque furtif. Pourtant ils ne pouvaient avoir aux pieds que des morceaux de bois creusé, petites barques à demi couvertes avec l’étrave pointue, qu’ils mettaient à chaque pied pour se séparer de la boue. Ces vases de bois, secs et tordus, étaient sonores contre les pierres, mais les pierres plus souvent gisaient sous l’herbe, sous les feuilles. Les premiers vinrent, on ne sait d’où surgis, non par les chemins qui n’existaient pas encore, mais par des trouées que l’hiver, le vent, avaient ouvertes dans la forêt.



Critique :

  • Pierre Campion, Note sur Archéologie des feux, 4 janvier 2008.
  • Serge Sanchez, Le Magazine Littéraire n°323, juillet-août 1994.
  • Manuel Cajal, La Sape n°36, juin 1994.
  • Catherine Le Pan de Ligny, Le Nouveau Recueil n°30, mars 1994 :
    Patiemment l’archéologue gratte l’argile et tamise la terre. Avec précaution, il tire hors de la nuit la mémoire engloutie. Il retrouve les gestes et les techniques, parle de la peine et du travail des hommes. Une dernière fois, il fait chanter pour nous la sourde et grave sonorité de la terre.
  • Daniel Morvan, ArMen, janvier 1994 :
    Archéologie des feux est un livre à l’odeur de foin, grinçant comme un vieil essieu.
  • Gérard Bodinier, Le Provençal, décembre 1993.
    Jean-Loup Trassard… tourne entre les mots tous ces objets familiers des fermes, caresse le poli de leur incrustation dans le temps.

 

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